En plus des photos et de mon blog "impressions japonaises" repris après les photos ci dessous, voici aussi un document pratique pour préparer votre éventuel voyage. Avant de partir j'avais fait un résumé à partir de différents guides, avec les principaux points d'intérêt à ne pas manquer dans chaque ville, plus quelques notions de japonais parfois bien utiles lorsque la langue peut devenir une gêne. Les références de pages renvoient à celles du Lonely Planet.
J'ajoute que les plans du Petit Futé sont très simples et pratiques, contrairement à ceux du Lonely Planet, qui s'avère en revanche beaucoup plus complet en terme d'explications. Et qu'il y'a plein d'autres guides même s'il n'est pas besoin d"n prendre un avec beaucoup de photos, vu toutes les belles choses que vous découvrirez sur place.
Mon conseil (que je n'ai pas tenu bien sûr) si vous souhaitez voyager tranquille sans passer par agence, est de bien préparer son voyage plusieurs mois avant le départ, et de réserver ses hôtels, surtout lors d'une saison de forte affluence touristique.
C'est assez dur de connaître tous les évènements de chaque ville d'avance et de décider de son intinéraire en conséquence, mais ça en vaut vraiment la peine, et l'office du tourisme japonais à Paris peut vous apporter une aide précieuse.
Peu de Japonais parlent anglais et ce n’est pas très pratique. Les jeunes sont beaucoup plus performants, et la télé diffuse des programmes d’initiation avec les mots de base. Cependant de nombreuses personnes annoncent qu’elles ne parlent qu’un peu d’anglais, mais sont parfaitement efficaces par la suite, ce qui laisse suggérer qu’elles sont trop modestes.
Parfois on a la chance de tomber sur un japonais qui parle vraiment bien anglais, mais très souvent il s’agit d’un touriste thaïlandais (c’était les vacances en Thaïlande) ou Taïwanais. Ce qui m’amène à reconsidérer que la Thaïlande n’est pas aussi pauvre que cela, pour que ses ressortissants touristes baguenaudent chez le voisin nippon.
Il n’y a aucun problème pour retirer du cash aux distributeurs de l’aéroport puis dans les banques ou les ATM des 7-eleven de tout le pays.
Les Japonais ne bradent pas du tout leur artisanat. Après avoir essentiellement voyagé dans des pays peu chers, les tarifs atteints ici semblent astronomiques, que ce soit pour un objet recouvert de laque ou les kimonos en soies teintées et brodées. Peu d’affaires en vues donc et je n’ose pas penser aux prix des objets d’époque. Ce qui n’est pas cher vient bien sûr de chine et/ou est en plastique.
Le Japon est assez bruyant surtout dans les grandes agglomérations. Dans les grandes villes de nombreux jeunes employés font la pub à l’entrée des magasins avec parfois des porte-voix. Les salutations à l’accueil et à la sortie des clients dans les restaux peuvent devenir lassantes. Surtout qu’ils travestissent leur voix dans ce cadre mercantile : les femmes appuient leurs bonjours de façon stridente, et ce n’est pas toujours plaisant à l’oreille.
Beaucoup de trafic routier.
Beaucoup de bruit dans les gares avec des annonces incessantes et le passage bourdonnant de dizaines de milliers de passagers qui nanifient nos grandes gares française.
Le chauffeur parle tout le temps, « merci d’avoir payé votre ticket », « la prochaine station est… ». Les arrêts principaux sont décrits en anglais à l’avance et sont souvent aussi prédits sur un tableau.
Dans le train le passager doit montrer son Pass à l’entrée des gares, puis il peut aller où bon lui semble. Une fois dans les trains les contrôleurs passent quasi-systématiquement, mais ne demandent leurs titres de transports qu’aux passagers les plus récemment montés. Ce qui évite d’être réveillé une heure après le départ. Leurs petites machines doivent enregistrer très précisément et en temps réel qui monte où. Pourquoi sommes nous incapable de la même qualité de service ? de contrôle aussi : j’ai par erreur mis un ticket non valable dans le portillon, un gars courtois m’est tombé dessus en un dixième de seconde. Inutile à mon avis d’essayer de frauder, le personnel en uniforme grouille, ce qui doit coûter bonbon à la compagnie. De toutes façons la fraude n’a pas l’air d’être un sport national ici, contrairement aux pays méditerranéens où des individus uniques et virils se gorgent de leurs exploits antisociaux.
C’est pire que l’Italie ! Comment font ils avec la meilleure électronique pour avoir des lignes aussi moches et des centaines de fils dans chaque rue dont on se demande s’ils ne sont pas autant de branchements sauvages. Dans certains hôtels c’est pareil, les fils courent à même le sol. Y’a même des pubs pour dire aux seniors de faire attention à leurs installations vétustes.
J’en ai pris plein les yeux, le mois d’avril est vraiment d’une densité extraordinaire, comme dans nul autre endroit au monde. Ne faites pas comme moi en renâclant à porter 2kg de matos photo. Enfin les images avec le pocket CANON constituent quand même un bon souvenir et sont ici.
Alors là c’est un peu le choc. Comme Angkor mais avec (beaucoup) plus de monde. Dès la sortie de la gare, une grande artère commerçante pointe en enfilade sur le château. On pénètre dans l’enceinte et des hordes de touristes déjeunent sur des bâches plastiques sur une pelouse dédiées aux sons et lumières. C’est beau le jour, c’est beau à la tombée de la nuit, c’est beau la nuit une fois les cerisiers et le château illuminé, j’y retourne le matin, c’est toujours beau et j’ai envie de prendre des photos à l’infini, et je ne suis pas le seul ! Des milliers de photographes suréquipés, bardés de matos pro hyper pesant, n’en finissent pas de shooter. Il est vrai que le son et lumière n’a lieu que quelques jours lors de ces cerisiers en fleurs dont ils raffolent.
En Europe on tond le gazon et on éradique les mousses si nécessaire à coup de désherbant. Au japon, c’est le contraire : ils ôtent soigneusement les herbes de leurs mousses variées et bichonnées. Vérité en deçà des Pyrénées…
Le premier jour j’ai pris le « Narita Express » pour venir de l’aéroport et tout était cool : j’avais eu de l’argent facilement, échangé aisément le JR Pass, réservé un hôtel pour Tokyo au premier guichet rencontré à l’aéroport, et la jeune japonaise à coté de moi parlait anglais couramment (elle revenait de Londres). Le train était spacieux avec un vrai espace pour les jambes, inespéré après la bétaillère Air France.
C’était la chance du débutant !
Le deuxième jour les stations de métros à la sortie des parcs étaient si bondées que je suis rentré à pied. Après çà j’ai eu aussi quelques problèmes pour les réservations de billet : à Shinjuku le préposé ne voulait pas parler ou lire de l’anglais et me fait signe d’aller voir son collègue à une autre sortie, où un autre préposé agit pareil ! La quadrature du cercle. Ca devient rapidement agaçant surtout quand on est vanné avec le décalage et l’humidité assez froide d’un début Avril pluvieux.
Après çà la plupart des guichetiers ont été (comme quasiment tous les japonais) serviables, courtois et efficaces, et plein de bonnes intentions même si leur anglais était très souvent rudimentaire.
Le métro le matin et aux heures pointes dans la capitale est effectivement bondé, mais les gens sont calmes et policés, il n’y a pas de bousculade, ni de haine comme chez les cadres super pressés de la Défense qui doivent s’écraser les uns les autres avant d’aller ramper devant leurs petits chefaillons.
Et ils roupillent tous : dès qu’un passager s’assied, poum, sa tête tombe. Comment font ils pour se réveiller à temps à leurs stations, mystère, ou alors leur subconscient est à l’écoute des annonces. Certains roupillent même debout.
Anecdote : au moment de rentrer dans la première rame qui venait, je demande à une dame si le métro va bien vers la destination souhaitée, elle me répond que oui, j’avance pour entrer dans la rame, mais elle me repousse et me fait signe d’aller ailleurs ! En fait c’est une rame spéciale pour les femmes. Et je me retrouve avec les cadres endormis et quelques femmes qui n’ont pas grand-chose à craindre le matin au moins.
C’est ce type de nourriture que j’ai essentiellement consommé, vu qu’elle me satisfaisait au moins gustativement et pour son rapport qualité / prix. Pour 4 à 7€, max 10€, on mange très bien et en quantité dans les petits restaurants très nombreux autour des gares, dans les quartiers d’affaires, les rues commerçantes et les endroits touristiques. Mac Do et KFC sont présents, mais pas aussi nécessaires qu’en France. En effet on ne peut manger ici à moins de 10€ que dans ces fast-food, chez un chinois ou un gréco turc. Aucune cuisine « française » pour ce prix même si des petits malins commencent à nous vendre un cornet de pâtes pour un ticket restau.Au japon c’est vraiment le contraire et des petits restaurants diversifiés offrent une cuisine locale et sympathique. Certes il faut souvent payer à une machine avent d’entrer mais l’accueil reste chaleureux et sonore, ainsi que votre lever de table in fine. On félicite souvent de (bien) utiliser les baguettes. Et pour cause c’est çà ou les doigts.
Dans le train on peut consommer son plateau repas acheté dans les gares avant d’embarquer ou au personnel qui circule de wagon en wagon. On peut aussi acheter des spécialités et sucreries régionales. Alors le jambon-beurre c’est sûrement un met emblématique français, mais franchement pas à la hauteur, surtout avec de la baguette en général mollassonne. Ici les assortiments proposés sont en général bons, protéiques et assez légers, sans une couche de mayo pour faire passer le reste.
Les sushis ne sont pas aussi fréquents que nous ne le supposerions, et un peu plus chers que les autres plats. De plus leur épaisseur est parfois moindre que dans le présentoir en plastique de la vitrine. Mais très bons. Le poisson est incomparable avec le saumon graisseux proposé chez les 90 de chinois qui tiennent les sushis parisiens.
A Izumo et Matsue il pleuvait des cordes et les spots touristiques perdent de leur attrait. Mon moral dégringole. Et bien pour à peine 20 ou 30€ la cuisine offerte en ces lieux m’a régalé. Plus rien à voir avec les sushis et autres fritures. D’une façon générale la nourriture n’est pas chère au Japon, c’est donc l’occasion d’essayer des plats originaux ou des classiques comme les plateaux de fruits de mers. D’une façon générale les prix grimpent dans les villes et quartiers touristiques, mais pas tant que çà.
Parmi les « originalités » j’ai pu tester les huîtres chaudes, le tartare de cheval… mais j’ai décliné les petits poulpes encore vivants ou du moins frémissants. Le poulpe contrairement à l’huître a un cerveau, des yeux et des pattes, autant de caractéristiques anthropomorphiques qui m’empêche de le gober vivant. Barbares !! remarque que les crevettes et autres criquets ne me semblent pas si choquants.
Prix d’une entrée dans un temple : 2-4€ mais il y’a beaucoup de temples, donc cette contribution est fréquemment renouvelée. Les pratiquants versent souvent des piécettes en sus.
Ticket de bus : 1€50 environ, variable mais faiblement avec le distance.
L’hébergement en business hôtels et Ryokans : 30-60€, mais étant donné que c’était la saison touristique je n’ai obtenu ni les meilleurs tarifs, ni les meilleurs rapports qualité-prix.
Big mac : 2€
Bière au distributeur : 2€
Repas dans un fast food japonais : 4-7€
Thé : très variable, de moins de 1€ dans le train à 3€ ou plus, ce qui équivaut quand même au prix d’un modeste repas…
Prix d’un bon restaurant : très variable, mais un midi voici ce que j’ai pu déguster des yeux et baffrer ensuite (enfin lentement, hein, baguettes obligent…) pour moins de 20€.
Pas un mégot, pas une ordure ou un chewing-gum par terre dans les rues, aucun risque non plus de glisser sur une merde de chien. Et pourtant il y a très peu de poubelles publiques. En fait les commerçants nettoient devant leurs boutiques et les gens conservent leurs ordures jusqu’à de lointaines poubelles. Près des nombreux distributeurs sont aussi installés des poubelles pour le tri sélectif des objets vendus : cannettes, matériaux brûlables…
Par contre il y a très rarement du savon dans les toilettes et peu de gens se lavent les mains en sortant. Il n’y a pas de serviettes pour s’essuyer les mains non plus à l’exception parfois de souffleries calquées sur celles en milieu hospitalier.
C’est l’horreur, surtout le WE. Y’a pas de place à Tokyo, à Kyoto, ainsi que dans toutes les petites villes touristiques qui organisent leurs festivals. Cette période des cerisiers en fleurs met les japonais dans tous leurs états, mais il y’avait aussi de très nombreux asiatiques et des français à foison. Alors un conseil, réservez très à l’avance, cela permet de choisir les meilleurs tarifs, les hôtels les mieux situés ou les plus pittoresques. En s’éloignant des centres d’attraction touristique la situation s’améliore grandement. En fait je ne sais toujours pas quelle est la meilleure stratégie : réserver à l’avance dans les hôtels du Lonely dont les choix sont parfois douteux ou alors descendre à une gare et espérer que le guichet touristiques ait encore un bon choix, ou enfin sortir de la gare, repérer un business hôtel propret et pas trop cher qui ne soit pas dans le guide.
Quelques exemples frappants :
Le ou la contrôleur de train effectue une courbette à chaque fois qu’il ou elle entre ou sort de tous les compartiments.
La dame pipi vous remercie également d’une courbette pour son travail passionnant.
Les vendeurs de chaque magasin vous saluent lorsque vous y pénétrez ou lorsque vous passez devant leur rayon dans les grands magasins.
A force de faire des courbettes, je ne suis pas sûr que cela signifie vraiment quoi que ce soit. Mais ce n’est pas gênant et çà entretient la souplesse physique et morale. Dans les grands magasins la répétition tous les trois mètres de ces courbettes, accompagnées de sonores « bonjour », « enchanté de votre visite », est moins plaisante en revanche. Au bout d’un moment on ne répond plus à ces aménités, comme en France on se ferme aux sollicitations des plus démunis tant elles sont nombreuses. C’est quand même beaucoup plus agréable et moins démoralisant.
Dans les parcs : A la tombée de la nuit, les Tuileries ferment ainsi que tous les grands parcs parisiens livrés aux SDF bien obligés d’y séjourner, travelos, prostituées et autres seringueros. Bref aucune mère de famille n’y enverrait ses gosses. Ici c’est tout le contraire. En ce début avril, dès qu’il ne pleut pas, la température est agréable et les travailleurs ou les écoliers en uniforme vont s’acheter ou préparent leur panier repas, posent une bâche et dégustent des dîners parfois bien arrosés. Certains font leur gym, répètent des chorégraphies et tout le monde rigole gentiment. Ils jouaient de la guitare dans le parc de la Paix à Hiroshima, ils dansent devant le château de Matsumoto, etc… Plus loin, les jeunes se baladent dans les quartiers « chauds » sans qu’on ne ressente aucune insécurité. Vu ce qu’ils s’envoient y’en a quand même quelques uns qui gerbent de partout, mais je n’en ai pas vu devenir agressifs avec l’alcool.
Dans les Gares : Vous êtes à Gare de Lyon et vous courrez à l’urinoir (s’il y’en a un d’ailleurs). Malgré l’urgence, laisseriez vous votre valise à l’urinoir ? ici c’est possible. Tout le monde laisse aussi son parapluie à l’entrée des magasins.
Un autre exemple enfin : qui laisserait en France son bonzaï, fruit d’un labeur minutieux et d’année d’effort, devant sa maison à la portée du tout venant ?
Il parait cependant que l’insécurité augmente. C’est pas vraiment frappant.
Les japonais sont très aimables et prévenants. Par exemple la contrôleuse de la gare quitte son poste pour mener au guichet touristique, la patronne d’un hôtel sans téléphone m’emmène à dix minutes de marche à la cabine publique. Parfois c’est trop : un agent de police ne veut pas me lâcher avant de m’avoir conduit à la destination dont je lui demandais seulement le chemin, une guide touristique me raccompagne à grand pas à la station de métro me privant de me retourner paisiblement et de vagabonder devant le château du cru.
Des fois leur esprit pratique est trop fort : impensable par exemple de faire comprendre à un guichetier de la gare que pour rallier A à B je voudrais prendre un train qui longe la côte que j’espère regorger de panoramas pittoresques, et non pas le chemin le plus court. Tant pis, y faisait moche.
Donc polis mais fermes, les japonais.
C’est comme notre TGV mais avec un peu moins de design et beaucoup plus d’espace pour les jambes. A tel point que je dois tendre les bras pour atteindre la tablette. Forte présence aussi de détails pratiques comme le panneau lumineux qui annonce les stations en japonais et anglais et les sièges qui sont toujours dans le sens de la marche. Comment est ce possible ? Un petit stage pour le personnel SNCF (certes réduit par le management), s’imposerait. En effet aux stations principales, une nuée de préposées à l’entretien se rue dans chaque rame et nettoie les saletés, change les appuies têtes, etc… et tourne les fauteuils dans le sens de la marche à venir !! Ce qui explique aussi l’espace entre les fauteuils. Et si une famille souhaite se constituer son petit espace, elle retourne l’un des siège. Avais-je dit qu’ils ont l’esprit pratique ?
Un léger chauffage à l’accueil pour vous dilater les sphincters.
Deux jet pour s’arroser le postérieur ou le vagin après l’effort.
Un mode d’emploi pour Bac+5 en japonais.
Une nuit j’ai eu l’impression que mon lit était secoué. J’ai d’abord crû à un rêve, à une improbable hétaïre regagant mon lit… mais une seconde secousse m’a définitivement éveillé. Très inquiet je regarde à la fenêtre, attendant des sirènes, des feux et des cris. Mais dans les bureaux d’en face les technocrates sont toujours devant leurs ordinateurs. Il était 4h30 du matin.
J'ai surtout dormi ou du moins essayé car il faut enchaîner la sieste et la nuit. Mais les rares fois où j'ai ouvert les yeux j'ai vu des trucs qui me laissent songeur sur ma méconnaissance du monde.
Les Polders (??) : de grandes bandes de sables souvent habitées au nord de l'Europe, que j'avais jamais vues auparavant.
Plus tard je me réveille et vois des milliers de bateaux de grande taille illuminés dans la nuit, éparpillés à perte de vue. Novossibirsk. Jamais je n'aurais pensé qu'il puisse y'avoir un tel trafic si loin dans le Nord. Ca laisse songeur sur le réchauffement et la pollution locale.
Enfin, alors que le jour commençait à se lever, nous avons survolé Oulan-bator puis l'Asie du sud-est. Alors là c'était pelé de chez pelé, pas la moindre touffe de verdure à l'horizon.
A coté de tout çà, arriver au Japon c'est comme retrouver un territoire connu et rassurant.